Secrets de femmes

Ladies’Place, le groupe Facebook créé par une femme pour des femmes

Des groupes, des pages et des communautés, il y en a tout un tas sur Facebook. Cependant, une plateforme fait la différence depuis deux ans : Ladies´Place, lieu d´échanges entre femmes de tout horizon. Un véritable salon dans lequel chaque femme trouve spontanément un conseil pour un problème familial ou conjugal quelconque, et bien entendu le petit secret pour apprivoiser son homme. On y débat du quotidien de la femme. Et à la différence de bien des groupes Facebook, on y parle du concret avec science, tact et la finesse reconnue à la femme. Nous faisons ici honneur à Habiba Koue, la personne qui a eu l’idée merveilleuse de créer ce groupe.

La créatrice de Ladie´s Place Ph DR

La créatrice de Ladie´s Place (DR)

Habiba Koué est camerounaise, née le 19 août 1975 à Bibémi, dans le département de la Bénoué – Garoua. Elle est spécialiste de développement communautaire, mariée et mère de quatre enfants. Sortie de l’école de formation en 1998 elle dira :

« J’ai travaillé dans plusieurs organismes de développement. Actuellement, je suis présidente de deux associations : Femmes solidaires et dynamique de Garoua (AFSD) et l’Association pour la promotion de la femme et du développement durable au Cameroun (APROFED). L’idée de créer Ladie’s Place m’est venue avec la création de l’APROFED, car parmi les objectifs de l’association il y a la création d’un espace d’échanges au niveau des radios communautaires locales. Quand je me suis retrouvée dans un groupe d’amis nommé Djaoulérou sur Facebook, je me suis dit : « Tiens, pourquoi ne pas créer un espace pour femme uniquement ? » « 

Un groupe strictement réservé aux femmes

Le but du groupe au départ était d’être un espace d’échange, de partage et de conseils dans tout ce qui concerne la femme et surtout entre les femmes et les filles exclusivement. Ladie’s Place est l´un des rares groupe sur Facebook qui est strictement fermé aux hommes. Tout profil suspect est minutieusement inspecté avant d’être approuvé sur la plateforme.

Pour Habiba Koue, la naissance de ce groupe pas comme les autres découle d’une longue histoire :

« J’ai commencé le féminisme à l’age de 6 ans. C’est ma vie. Tout a débuté lorsque mon père et sa famille ont fait des problèmes à ma mère parce qu’elle n’accouchait que de filles ! Mon père s’est alors remarié, sur les conseils de sa famille, uniquement pour avoir des enfants garçon parce que ma mère n’avait eu que des filles à l’époque. Cela m’a marqué à jamais ».

Avec Ladies’Place, Habiba Koue a accompli sa mission

« Je voulais faire de Ladie’s Place un salon où toute femme puisse trouver une solution à leur problème, et que toute Lady, où qu’elle se trouve, lutte pour la promotion de la femme dans les domaines socio – économiques et écologiques, explique la jeune femme. Mes motivations sont atteintes en partie aujourd’hui. Mais je ne m’attendais pas à un tel résultat car ça n’a pas était facile au début. Je dois ce résultat aux membres qui ne cessent de promouvoir le groupe. Depuis sa création, Ladies’ Place a été un salon multinational de femmes ! La rencontre physique des membres est prévue. Ça a déjà commencé au niveau local au Tchad et au Cameroun. Surtout, nous avons beaucoup de perspectives avec entre autres la création d’un site web, l’Assemblée générale des membres, l’élaboration des statuts et règlement intérieur et plus encore… » On ne réussit jamais un groupe seule : ce sont les membres qui font Ladies’ Place confiera-t-elle.

Près de 1.300 membres

Au 4 mars, elles sont 1.269 membres. Elles viennent de différentes couches sociales et se partagent leurs quotidiens avec beaucoup d’humour. Elles se soutiennent moralement, etelles n’hésitent pas à faire à s’offrir l’hospitalité lorsqu’une femme du groupe voyage. Ladies´Place, c´est un groupe de sœurs pour celles qui n’ont pas de famille. Qui disait que le virtuel ne peut être réel ?

«On ne peut se défaire de l´endroit d´où l´on vient» (2)

 

Une tasse de thé à la menthe me ferait probablement du bien. Penser à mon Tchad étant souvent source de migraine pour moi. Bien que parfois je me dis, j´ai eu la grâce de naître dans un pays spécial, un des berceaux de l´humanité, fondé sur d´ancien royaumes sahéliens tels que le royaume du Ouaddaï, le Kanem-Bornou et le Baguirmi. Alors je me prépare ce thé. Celui dont seule mes tantes arabes connaissent le secret de cuisson. Huuummm le bon parfum poivré et rafraîchissant de la menthe et du clou de girofle. Oui, j´ai bien dit mes tantes arabes. Car j´en ai beaucoup et de très bonnes tantes d´ailleurs. Ma famille échappe bien à cette sentence géo-politico-religieuse entre le Nord et le Sud du Tchad. Ainsi par le lien du mariage, j´ai des cousins Abderamane, Fatimé, Zara, Saleh, … issus des tantes Kadidja ou Aicha. Mais c´est quand bien même un fait rare dans un pays dont les dirigeants, pour masquer les réalités cruelles de la misère dans laquelle le peuple croupit, ont érigé le clanisme et l´appartenance à une religion quelconque en système de gestion de la chose publique. Mon pays est un otage d´une parterre de bons militaires qui lui ont apporté la démocratie un matin de décembre 1990. Cette démocratie si brumeuse que ce brouillard hivernal dont elle s´est couverte un matin du premier décembre. Disons une coquille qu´on a pris le soin de rembourrer avec de la dictature, le népotisme et le clientélisme avant de la servir aux Tchadiens. Seul un président-fondateur, celui-là même qui nous a apporté « ni or, ni argent, mais la liberté», est le seul à manipuler cette démocratie-dictature. Ce qu´il fait si bien depuis 22 ans. Alors nous tchadiens ne voulons plus un autre président, na, na, na. Il donne au peuple tout ce dont il a besoin alors pourquoi un autre ? Ne dit- on pas mieux vaut le démon que l´on connait que l´ange dont on ne connait pas ? Ainsi mes chers compatriotes renouvellent chaque cinq la confiance qu´ils ont en leur Moise national, celui-là qui nous délivra un brumeux matin du 1er décembre de la dictature.
A cet instant précis de ma méditation, je ne pus m´empêcher de revoir ma ville N´Djamena la belle avec tes rues englouties sous les ordures et déchets ménagers. N´Djaména la vitrine de l´Afrique aux ruelles boueuses dans lesquelles je pataugeais toute petite. A mes vingt ans, l´âge à laquelle on réalise sa féminité, j´ai appris à côtoyer les immondices. Maman, laisse-moi te dire ; quel écart entre mes deux mondes : N´Djaména et Göttingen. Cette dernière et si propre, si ordonnée que je ne peux te dire les tant de fois que je m´y suis égarée. Et parlant d´ordure alors, ma foi. Il m´a fallu coller à ma porte une fiche de tri afin que je ne me perde pas. Il y´a sept poubelles et un sac jaune. Chaque ordure ménagère à son container. Le vert pour les déchets biodégradables, le bleu pour tous mes papiers-brouillons –tu le sais bien que je suis repartie à l´école- le noir pour toutes les viandes ou poissons crus, les débris d´assiettes, le sac de l´aspirateur, … te rappelais-tu comment je cassais les verres quand j´étais petite, et bien je n´ai pas changé. Sauf qu´ici, il me faut trier les débris des verres par couleur une fois les avoir brisé. Chaque couleur à sa poubelle. Je n´ose pensé au travail qui nous attend quand N´Djaména sera effectivement cette vitrine de l´Afrique dont on rêve d´en faire. Bon si ce ne fut pas un simple slogan de campagne. Bon Dieu que les campagnes électorales sont si éloquentes avec leurs slogan à endormir même un cadavre.
Je me souviens encore de celle-ci, IDI le bâtisseur. Au menu du bâtisseur, l´inauguration pompeuse d´un pont à double voie en présence des représentants des chancelleries accréditées au Tchad. Un mois après l’inauguration, il se creusait déjà les premiers nids de poule. Il s´ensuite une série de coupure du ruban pour inaugurer tel lycée, telle école dans telle ou telle autre région. Et les pauvres diplomates qui au nom de la diplomatie font le voyage sur nos routes dénivelées pour orner la tribune de leurs présences. Je me rappellerai longtemps les échos du rire de certains coopérants le soir venu, dans leurs salons feutrés. Surtout qu´ils savent bien eux et moi que ces ponts, lycées et écoles sont construits au frais du contribuable tchadien. Mais la bêtise semble africaine puis que le peuple est maintenu dans l´ignorance pour être mieux exploité. Il croit vraiment que ces bâtiments publics sont vraiment les cadeaux du bâtisseur. Du coup la seule station radio-télévision étatique est inondé de communiqués de remerciement de tel ou tel canton et village. Voilà pourquoi maman, grand-mère ne remarque pas que ces ponts, écoles et marchés que le bienfaiteur national lui offrait si gracieusement ne résulte que de ces cinq cent francs d´amende que le policier municipal rackette lors des marchés hebdomadaires. Maman, tu ne peux savoir cette colère qui couvait en moi quand je revoyais le film de ce politicien en campagne. L´illustre politicien, futur président descendit donc voir son électorat. Il était tiré à quatre épingle dans un ensemble costume signé haute couture dont son ventre si rassasié soutenait à peine la couture. Et il déballait son charabia devant une population affamée et couvert d´haillons à qui il promettait de remplir le panier si elle venait à l´élire. Il rotait après chaque phrase pendant que l´électorat bâillait de faim. Et le show continue. Le politicien débitait donc son chapelet en français au beau milieu d´un village où, le plus instruit n´a pu franchir le cap du cours élémentaire, où la seule école est construite en bois de bambous. N´est-ce pas là un beau tableau de la politique tchadienne?
Te connaissant, je sais que tu t´es déjà dit, sacrée folle enfant, il n´y a rien de beau dans ce tableau de la politique tchadienne et même africaine si l´on scrute le continent. Bon Dieu, c´est mal connaître cette vieille Afrique avec ses pays indépendants depuis cinquante ans. La nouvelle sensation, les cinquantenaires des indépendances fêtés à tambours battant. N´Djaména en a profité pour renaître. Après un mandat social fait de la cherté de la vie, l´augmentation des prix des denrées alimentaires, il faut bien renaître. La  RENAISSANCE Avec une maire analphabète et un climat social tendu. Et tandis que tout le pays est en grève sèche, notre IDI national que j´envie beaucoup la promptitude de bon soldat crie sa colère d´être à peine compris par ses compatriotes. S´il pouvait expliquer aux tchadiens la liberté dont jouissent les détourneurs de biens publics.
Maman, en me lisant tu comprends maintenant mieux pourquoi j´ai voulu partir sans tout le théâtre. Tu sais aussi pourquoi partir est devenu pour  bien de jeunes, une issue inévitable. Il le fallait bien, car parfois il faut apprendre à dire non. Tu te disais que tu me perdras pour toujours. Et moi je te rassurais qu´on se reverra.  Tu te disais encore une de mes paroles vaines. Regarde, je te prouve que je n´ai jamais cesser de penser à toi et à mon cher pays. Prends cela comme ma garantie d´un retour. Oui je reviendrais un jour quand on aura fait de ma ville la vitrine. Ce jour-là, je rentrerai. Car nul peut oublier d´où il vient.