Ach Djibouti

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Je reviens de Djibouti et vous savez quoi, je suis émerveillée par tant de beauté dans cette corne de l´Afrique en proie aux guerres et au terrorisme. Ce territoire faisait autrefois partie de l´Arabie heureuse. Autrefois ? Que dis-je, il l´est encore par sa culture, son mode de vie très arabe, son alimentation et les langues parlées. Djibouti est l´un des petits États de l´Afrique ,mais aussi le plus important vu son ouverture sur le monde arabe en partant du Yémen qui est à 63,5 km de ses côtes. On y compte au moins cinq contingents militaires stationnés, de nombreux étrangers et une population très paisible et hospitalière. En cinq points, je vous décris ce pays.

 

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Paradis géologique: il n´y a qu´un adjectif pour décrire ce pays; féerique! De ses plaines caillouteuses à ses fonds maritimes fluorescents, il y a mille couleurs qui illuminent ce « livre de géologie à ciel ouvert ». Dépressions, canyons, rifts, vallées, volcans, sources géothermiques, plages caillouteuses, plages aux sables blancs, banquises de sel ou gypse et concrétions de sel rivalisent pour séduire. Le pays est une belle adresse touristique. Je n´en reviens toujours pas qu´un si petit pays puisse avoir autant de merveilles. Si vous y arrivez un jour, visitez le lac Assal, le plus bas point d´Afrique (150-153 m en dessous du niveau de la mer) avant d´aller vous baigner à la plage des sables blancs. Si vous aimez la plongée, piquez une tête et visitez la vie sous-marine: impressionnant.

L´afar est une langue, mais aussi un peuple qui vit à cheval entre l´Éthiopie, l´Érythrée et Djibouti. C´est la langue nationale puisqu´on en use partout sauf dans l´administration. Il est important de connaître deux ou trois mots si vous ne parlez ni l´arabe, ni l´anglais. Cela servira pour marchander, car l´homme Afar est un grand nomade, mais aussi un grand commerçant. On compte 1 660 000 Afars dont 310 000 sont Djiboutiens. Beaucoup restent encore fidèles à leurs traditions et conservent des toukouls à côté des immeubles modernes.

 

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La femme djiboutienne est le pilier de la famille. Elle est présente dans toutes les sphères de la vie publique. Pour les femmes que j’ai rencontrées , j´étais la soeur tchadienne. Oui, les Tchadiens sont les bienvenus. Ils nous considèrent comme leurs frères égarés en Afrique centrale : le climat du pays, l´habillement, la culture culinaire, l´art de séduction et le mode de vie (le douhkane, le bakhour ou l´encens, le voile) se ressemblent ou presque. Jusqu´à une différence près : émancipée, totalement loin du cliché que l´on peut avoir avant de franchir les frontières du pays, la femme djiboutienne est très libérée par rapport à « sa soeur » tchadienne. Elle se voile la tête, mais s´habille d´élégants boubous de cotonnés coupés dans des voiles très légers et transparents sous lesquels elles mettent des jupes de soie dentellée. Elle ne connaît plus l´excision et les mutilations génitales ou violences physiques sur son corps (scarification). Une loi nationale interdisant les mutilations génitales féminines a su épargner la jeune génération des femmes. C´est aussi une victoire à l´actif des hommes djiboutiens qui, trop ouverts, sont près à certains compromis: j´ai os´parlé avec certains. Ils disent ne pas aimer les femmes excisées. Ne vous étonnez pas si vous trouvez les hommes au marché. Oui, ils font le marché et aident à la cuisine. Ils connaissent les bonnes recettes de poisson.

 

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Le khat;  c´est tout un rituel pour tout un pays avec des heures, précises, des positions adéquates et des accessoires indispensables. Si tu veux contrarier un Djiboutien, prive-le de sa pause khat. Le khat ou qat est la « salade » djiboutienne, le dessert pour les hommes, après le repas de midi. Tout le pays sans exception observe la pause khat.  A ce moment, tout est fermé, même l´administration, jusqu´à 14 h et 16 h pour les restaurants, boutiques ou marchés. Les hommes broutent des heures durant avec du coca frais comme boisson accompagnant. Par groupe de trois à cinq ou six, ils mâchent lentement les feuilles tenues au frais. On se couche à demi sur un tapis, la jambe droite relevée et le coude gauche comme point d´appui au sol. On mange feuille par feuille, lentement. On forme une boule qu´on garde longtemps dans la joue et qu´on avale petit à petit.

Le khat donne un effet tranquillisant, assoupissant, mais aussi euphorisant. C´est une drogue même si elle arrive en 20e position après l´alcool qui occupe le 5e rang des drogues. Bref, je trouve les Djiboutiens cools lorsqu´ils khatent, sans histoire et très paisibles. Au moins un avantage de cette plante. Peut-être.

Belles de nuit, les grandes villes du pays ne vivent que la nuit. Mode, art de vie ou climat obligent, je ne saurais le dire. La vie naît à partir de seize heures jusque tard dans la nuit. Les marchés, les salons de coiffure, les boutiques de mode, on peut faire son shopping jusqu´à minuit sans s´inquiéter. La plage est prise d´assaut par une armée de pique-niqueurs qui étendent leurs tapis persans sur les berges des eaux du port et dégustent leurs plats locaux en contemplant l´enseigne des restaurants-Lodges.

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Réndodjo Em-A Moundona
Femme, Tchadienne, Socio-journaliste, communicatrice et spécialiste des soins Geriatriques. Mon amour pour la plume, mon regard sur mes mondes. Sans préjugés.
Réndodjo Em-A Moundona

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5 Comments

  1. Rose Roassim
    Rose Roassim 9 février 2015 at 10 h 02 min . Reply

    super! j’ai savouré. j’attends les nouveautés ooo.

  2. chantal
    chantal 7 février 2015 at 12 h 04 min . Reply

    Ah oui, ma belle je t’attends avec empressement au pays de merveilles.

  3. Chantal Faida
    Chantal Faida 6 février 2015 at 20 h 07 min . Reply

    Oh quelle belle description! Envie d’y aller tout de suite

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